Rendre visible l'invisible, même si parfois on n'y voit rien...



Fille du vent lorsqu'il est plombé par l'ethanol et le carbone,de l'eau lorsqu elle est rouge, du feu lorsqu'il sort d'un briquet, de la terre a 5 h du mat' lorsqu'on la voit de près...
Je vous invite ici à découvrir mes épreuves photographiques, traces d'un monde hétéroclite et baroque entre réalité et fiction. Ici prennent place ceux qui ne se satisfont jamais d'aucune posture définitive, ces dandy contemporains illustrant l'indéfini permanent.
Bienvenue dans ce monde décati fait de songes et de photographies.

Emisphères





En définitive, si nous nous intéressons aux différents points qui les relient, dandysme et photographie sont très proche dans leur ontologie.
L'image photographique à l'instar du dandy se veut ambivalente, elle est un croisement de genres à mi chemin entre création et trace du passé, apparences et profondeur.
Par essence, elle est toujours très liée à son référent visuel. De là est née toute l’ambiguïté du statut de ces images que nous la placions du côté du document, de la marque, de la trace, de l'inscription, du mémoriel, ou de la dénonciation d'une réalité.
Mais qu’est ce qui fait qu'une photographie est considérée comme une oeuvre d'art alors qu'une autre obtiendra tout au plus le statut de document ? La qualité esthétique pour la première, opposée à la recherche de détails, une reproduction fidèle de la réalité sans interprétation pour la seconde ?
Soit, mais toute photographie peut être considérée comme le témoignage d'une époque et par conséquent avoir un caractère documentaire et, à l'inverse, on peut apprécier la beauté intrinsèque d'une image documentaire et ses qualités plastiques.
Les codes de classification de la photo n’ont eu de cesse d’évoluer et aujourd’hui nous assistons à un véritable glissement de la photo - plasticienne au documentaire et vice versa. Les plasticiens empruntent le médium des photographes, et les photographes eux requièrent légitimement l’apparition de leurs clichés aux murs des galeries.
Du même coup se restaure une esthétique du Beau que les avant-garde avaient
essayé de tuer, tandis que la loi de la pureté du médium, énoncée par Clément Greenberg, se voit durement mise à mal.
Il s’agit de renoncer aux clivages pour penser
l’oeuvre comme un métissage des pratiques et des matières, comme articulation de
l’objectif et du subjectif, conjonction heureuse de la matière et de la forme, réconciliation de la technique et de l’art.
La réhabilitation de l’aura de la photographie comme oeuvre
unique (et non comme produit technique industriel) est en cause. Mais c’est un peu comme si, de nouveau, la photographie devait dire «je ne suis pas la photographie» pour accéder au champ des arts plastiques... comme si la photographie devait se faire peinture pour accéder au sacrement de l’oeuvre.
Ce basculement bi - latéral nous pousse donc à nous interroger avec Jean Claude Lemagny sur la question : « La photographie est elle venue pour trahir l’art, pour introduire le serpent de la communication, pour y injecter le poison, ou le contre poison ? »
Nous dirons alors que la photographie par son caractère ambivalent se fait le troublion de l'art et qu'elle s'affirme dandy. Le photographe peut être considéré suivant l'expression de Charles Baudelaire comme « un peintre de la vie moderne ».
Ainsi j'essaye par la photographie de donner une vision du monde qui m'entoure, une vision qui m'est propre et dont je n'ai pas la prétention de la qualifier d'exhaustive.
Parce qu'en définitive je me dis qu'on apprécie une photo pour ce qu'elle nous fait ressentir, comme lorsqu'on sert fermement un livre passionnant, ou alors lorsqu'on regarde dans le vague pendant que défilent quelques ennivrantes notes de musique...
Les possibilités photographiques sont à mon sens multiples et il me semble que l'important est que l'image soit émotionellement puissante.
Je crois en l'art parce que je
crois en cette sensation d'orgasme artistique, de simple bonheur face a une "image" capable de nous faire frissonner. Un moment de plaisir tant pour son concepteur que pour son regardeur, une expérience unique et singulière propre à chacun.